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Au programme :

  • Cryptomonnaie, focus sur l’Espagne. Avis de la Banque d’Espagne sur l’utilisation des cryptomonnaies, par Lory Feuvrier
  • Des Etf et contrats à terme Bitcoin aux Etats-Unis? par Olaf Malinowski
  • Blockchain pour la gestion des eaux en Californie, par Nicolas Tessier
  • Apple met en garde les développements d’application contre l’utilisation de procédés d’analyses intrusifs, par Matthieu Lequesne
  • Le Venezuela introduit une nouvelle réglementation pour les transferts de cryptomonnaies, par Mariem el Abed

Cryptomonnaie – Focus sur l’Espagne – Avis de la banque d’Espagne sur l’utilisation des cryptomonnaies

Lory Feuvrier

La banque d’Espagne a publié le 10 février 2019 un avis rappelant aux ressortissants espagnols les risques liés aux opérations sur les cryptomonnaies. Dans les cas où une cryptomonnaie est utilisée pour l’achat de biens ou de services, il serait effectivement impossible pour un consommateur de revendiquer ses droits en cas de préjudice subi. La banque d’Espagne rappelle que les plateformes de change et autres entreprises du secteur ne sont ni contrôlées ni autorisées par une quelconque autorité nationale.

 

Pour rappel, fin 2018, le gouvernement du pays avait entériné un projet de loi obligeant les investisseurs en cryptomonnaies à déclarer leurs avoirs pour y appliquer une imposition allant de 19% à 23% sur les plus-values réalisées.

De plus, le parti au pouvoir, Partido Popular, envisagerait l’introduction de mécanismes de réductions d’impôts pour encourager l’innovation dans le secteur des blockchains. Peu à peu l’Espagne commence à dessiner les contours de sa régulation relative aux cryptomonnaies et à l’utilisation de sa technologie sous-jacente.

Source : https://cointelegraph.com/news/bank-of-spain-warns-citizens-against-crypto-given-lack-of-local-regulations

 

Des ETF et contrats à terme Bitcoin aux Etats-Unis ?

Olaf Malinowski

La société de gestion d’actifs américaine Reality Shares ETF Trust a déposé une demande auprès du gendarme américain des marchés financiers (SEC) pour l’inscription d’un fonds négocié en bourse (ETF) permettant d’investir dans des contrats à terme Bitcoin et dans des titres souverains.

Qu’est-ce qu’un fonds négocié en bourse(ETF)?

Un ETF, également appelé dans le jargon financier un tracker, selon la définition donnée par l’AMF est un fonds indiciel qui cherche à suivre le plus fidèlement possible l’évolution d’un indice boursier, à la hausse comme à la baisse.

La société en question a proposé un nouveau produit boursier sur le NYSE Arca qui investi dans les contrats à termes sur Bitcoin et des titres souverains, en l’occurrence des obligations émises par les Etats.

Le fonds investira jusqu’à 15% de son actif total dans des contrats à terme Bitcoin, 75% en titre souverains libellés notamment en dollar, euro, livre sterling, yens, franc suisse et les 10% restants dans les fonds monétaires.

La SEC ne veut pas approuver un ETF crypto complet, mais celui-ci limite l’exposition à 15%.

La semaine dernière, Robert J. Jackson Jr., l’un des commissaires de la SEC, a fait preuve d’optimisme quant à la validation d’un fonds négocié en bourse sur Bitcoin.

L’acceptation du fonds par l’autorité des marchés financiers américaine pourrait constituer un pas majeur dans l’introduction des crypto-actifs sur les plus grandes places financières du monde. Cette introduction pourrait signifier également la fin de réticence du gendarme américain envers les crypto-monnaie. Tout cela reste soumis à l’approbation de la SEC qui a plus de 240 jours pour se prononcer sur la question.

Source :

New Proposed ETF Would Mix Bitcoin Futures With Sovereign Debt

Blockchain pour la gestion des eaux en Californie ?

Nicolas Tessier 

Début février, IBM a présenté le projet SweetSense visant à lutter contre la sècheresse. La société propose de mettre à profit la technologie Blockchain associée à des capteurs environnementaux afin d’améliorer la gestion des eaux.

IBM s’est associé avec une organisation à but non lucratif « FreshWater », ainsi qu’avec l’Université du Colorado pour concevoir un système de gestion de l’aquifère située en dessous du delta de Sacramento, dans le nord de la Californie.

Selon le communiqué de presse, le projet impliquera l’utilisation des capteurs SweetSens comme Oracle pour transmettre les données d’extraction d’eau, ainsi que des satellites en orbite qui seront utilisés simultanément pour détecter les corrélations pluviométriques et météorologiques au sol.
Toutes les informations récoltées seront alors enregistrées sur la blockchain d’IBM, puis hébergées dans un cloud compatible.
Ainsi, les consommateurs, agriculteurs ou les organismes de réglementation pourront utiliser une interface du cloud pour interagir avec la blockchain et surveiller l’utilisation des eaux souterraines en temps réel.

Le système peut être utilisé pour émettre des ”parts d’eau souterraine ”  qui  pourront alors être échangés par les acteurs de la région de sorte qu’il n’y ait aucun gaspillage et une optimisation maximale de l’utilisation des eaux.
Ici l’association de la blockchain et des IoT permet de créer un marché d’utilisation de ressources naturelles à l’instar du marché des émissions de carbone, mais cette fois-ci totalement automatisé et sécurisé. Les implications juridiques sont majeures.

Au-delà de cette expérimentation californienne, l’entreprise SweetSense souhaite la mise en œuvre des capteurs pour surveiller l’approvisionnement en eau souterraine de plus d’un million de personnes en Éthiopie et au Kenya et prévoit de l’étendre à plus de 5 millions de personnes d’ici la fin 2019.

Source : https://www.forbes.com/sites/rachelwolfson/2019/02/08/ibm-pilots-blockchain-and-iot-sensor-solution-to-track-sustainable-groundwater-usage-in-california/#1470f5f13edb

 

Apple met en garde les développeurs d’application contre l’utilisation de procédés d’analyses intrusifs

Matthieu Lequesne

Cette semaine, différentes applications se sont vues menacées d’exclusion de l’Apple Store par Apple. On retrouve parmi les applications concernées : Abercrombie & Fitch, Hollister, Expedia, Hotels.com, Air Canada, Singapor Airlines voire la banque ING.

Ces dernières se voient reprochées l’utilisation du système de « Session Relay » développé par la société israélienne Glassbox (société qui se charge d’analyser l’expérience client), pour récupérer des données personnelles de leurs clients.

Le système permet aux gestionnaires d’applications d’exploiter l’utilisation des applications par les consommateurs, en ayant accès à leurs interactions avec leur écran tactile. Le process permet par exemple de détecter quelle zone de l’écran tactile est touchée, le moment où les individus zooment sur leur écran ou encore ce qui est écrit sur leur écran. Un système particulièrement intrusif.

A titre d’exemple, Air Canada n’a pas masqué les données personnelles des clients récupérées par ses employés. Ces derniers ont ainsi pu avoir accès par le « Session Replay » aux numéros de carte bancaire, aux passeports, et aux cartes d’identité des clients ayant eu recours à l’application de la compagnie aérienne. Pour rappel, Air Canada a été victime d’un attaque informatique en août dernier, exposant les données de 20.000 utilisateurs. Notamment les numéros de passeport.

L’utilisation de tels procédés violerait les « guidelines » d’utilisation de la plateforme auxquelles sont soumis les développeurs.
Les conditions d’Apple exigent en effet que les applications demandent le consentement explicite des utilisateurs et fournissent une indication visuelle très claire en cas d’enregistrement, de connexion ou toute autre façon d’archiver l’activité de l’utilisateur. Elles renvoient notamment aux dispositions du RGPD concernant le consentement (cf : article 5.1.1 des conditions générales appstores des développeurs).

Cette actualité est très intéressante en ce qu’elle illustre le positionnement de la plateforme : Apple s’inscrit effectivement comme le régulateur de son propre écosystème, ayant un pouvoir de vie ou de mort économique sur les développeurs. Comme une entreprise de marché, Apple fixe ses propres règles de marché, y compris des règles d’activités interdites.

Affaire à suivre.

 

Le Venezuela introduit une nouvelle réglementation pour les transferts de cryptomonnaies

Mariem El Abed

C’est dans un contexte d’hyperinflation et de crise présidentielle que le Bitcoin prospère et bat des records au Venezuela.
Début février, les volumes d’échanges ont atteint près de 7 millions de dollars par semaine sur la seule plate-forme LocalBitcoins. C’est ainsi près de de 2500 bitcoins qui ont circulé entre le 2 et le 9 février.

De cette frénésie, l’État réagit, non pas en interdisant l’utilisation des cryptomonnaies mais en renforçant leur encadrement et en imposant des commissions. Le gouvernement vénézuélien a récemment introduit un nouveau cadre juridique pour les cryptomonnaies et plus précisément sur leur transfert à l’intérieur du pays.

Un décret publié le 7 février prévoit que « The National Superintendency of Crypto Assets and related Activities » est l’entité désormais responsable de la fiscalité liée à l’envoi et à la réception des cryptos. Cette législation, s’appliquant tant aux personnes physiques qu’aux personnes morales, fixe des limites mensuelles et des frais sur les transferts. Ces frais sont payables auprès de l’entité prévue à cet effet.

L’actualité Vénézuélienne illustre que le recours au Bitcoin et autres monnaies virtuelles est la traduction d’une crise de confiance envers les devises officielles qui pose sérieusement la question des crypto-souveraines.

Sources :  https://cointelegraph.com/news/venezuela-imposes-fees-and-limits-on-local-crypto-remittances

https://sociable.co/technology/venezuela-regulate-bitcoin-trading-volume/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+TheSociable+%28The+Sociable%29